Thèse de Eric Michon (LCAR), Septembre 2018


Titre : Condensats de Bose Einstein dans un réseau optique modulé en phase et en amplitude

Résumé
La thèse traite de la dynamique d’un Condensat de Bose Einstein (CBE) dans un réseau optique modulé en phase et en amplitude. Dans un premier temps, je présente le dispositif expérimental permettant d’obtenir le CBE ainsi que le réseau optique, et décris les différents contrôles de la phase et de l’amplitude que nous avons mis en place.
La première expérience que nous avons effectuée repose sur le changement brusque de la phase du réseau permettant de déplacer celui-ci de quelques dizaines de nm. Cette expérience nous a permis de mettre au point une méthode de calibration de la profondeur du potentiel périodique se basant sur la mesure de la période de la micro-oscillation de la chaîne de condensats induite par le déplacement soudain du potentiel. Il existe ainsi une bijection entre profondeur et période de l’oscillation faisant de cette dernière une candidate idéale comme méthode de calibration. Cette oscillation présente également de l’effet tunnel entre puits du réseau. Nous avons pu mesurer le temps tunnel i.e. le retard entre un paquet d’atomes ayant traversé une barrière de potentiel par effet tunnel et un paquet d’atomes ayant continué son oscillation.
La dernière partie de ce manuscrit présente une étude de la dynamique du condensat dans un réseau dont la phase ou l’amplitude sont modulées sinusoïdalement. Nous avons étudié trois régimes de fréquences de modulation présentant des comportements très différents. Les régimes de fréquences sont définies par rapport à la fréquence résonante entre la bande fondamentale du réseau et la première bande excitée. Pour la modulation à basse fréquence, le taux tunnel intersite est renormalisé et peut atteindre des valeurs effectives négatives. Ce phénomène engendre une instabilité dynamique qui est à l’origine d’une transition de phase quantique. Nous avons effectué une étude théorique, numérique et expérimentale qui nous a permis de déterminer le rôle des fluctuations quantiques et thermiques dans la cinétique de cette transition. Pour le régime de modulation haute fréquence, la profondeur du potentiel du réseau est renormalisée par une fonction de Bessel. Nous nous sommes servis de cet effet pour placer les atomes dans une situation très loin de l’équilibre avec un grand contrôle. Enfin, en nous plaçant dans le régime où la fréquence de modulation est de l’ordre de la fréquence résonante entre la bande fondamentale du réseau et la première bande excitée, nous induisons des transitions interbandes. Nos données révèlent les règles de sélection qui sont différentes pour la modulation de phase et d’amplitude, et le rôle des interactions dans les excitations résonantes.

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