Aurore Avarguès-Weber : "L’abeille : un concentré d’intelligence dans un mini-cerveau" (IRSAMC - 28 septembre 2015)


Aurore Avarguès-Weber
Centre de Recherches sur la Cognition Animale (UMR5169)
Equipe ’Experience-Dependent Plasticity in Insects’ CNRS-Université Toulouse 3

Lundi 28 septembre 2015, Salle de séminaire, 3ème étage Bât. 3R1B4, 14h00

"L’abeille : un concentré d’intelligence dans un mini-cerveau"

résumé : On constate de plus en plus un fort intérêt de la société pour les abeilles du fait de leur rôle de pollinisateur, essentiel pour la Nature et notre économie, associé à leur remarquable organisation sociale et force de travail. Néanmoins, il reste difficile d’imaginer que des abeilles puissent faire preuve d’intelligence. Ces insectes sont en effet si éloignés de l’Homme et possèdent un si petit cerveau (1 mm3) qu’on les considère bien souvent comme uniquement capables de comportements simples et stéréotypés. Cette impression peut être accentuée au regard du million de neurones constituant le cerveau de l’abeille, chiffre très éloigné des cent milliards de neurones (soit 100 000 fois plus) de notre cerveau humain. Or, il s’avère que ces butineuses sont douées de réflexion et font preuve d’une grande flexibilité de comportements et d’une capacité d’abstraction étonnante, proche de celle des primates, et ce, sans cortex préfrontal ! Elles sont ainsi, par exemple, capables d’utiliser des notions de nombres, de relations spatiales ou temporelles ou encore de juger de leur probabilité de réussite lors d’exercices d’apprentissages complexes. Ces performances posent la question de la relation entre la taille du cerveau et l’intelligence, ainsi que la définition même de l’intelligence et ouvrent d’intéressantes perspectives pour la compréhension des mécanismes cérébraux de ces formes d’intelligence, ce qui pourrait fournir des pistes pour la compréhension de notre propre cerveau ainsi que pour le développement de robots miniatures autonomes.


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